lundi 8 juillet 2013

Un an après

Voilà près d'un an que je n'avais plus retranscrit mes expériences sur ce blog. J'avais entamé ce travail alors que j'étais en vacances, disposé à prendre le temps de réfléchir puis d'agir sur mes relations avec l'alimentation et la nourriture. Ce long silence correspond à la reprise du boulot et des études que je suivais le soir. Si je reprends la plume, ce n'est pas par hasard : me voilà de nouveau en congé pour quelques semaines. Plusieurs mois se sont écoulés, et ils furent denses. J'en ressors fatigué. Je n'ai pas pu maintenir mes résolutions, et je n'ai pas réussi à adopter une alimentation équilibrée. Il est temps d'y réfléchir et d'observer cette expérience.

Une alimentation équilibrée s'accommode mal d'un horaire chargé. 

Se lever tous les jours à 7h00, rentrer chez soi vers 22h00. Ne pas prendre le temps de déjeuner le matin. Grignoter durant la matinée. Engloutir quelque chose durant les 30 minutes de la pause de midi. Quitter le collège vers 17h00 et filer suivre des cours qui dureront jusque 21h00. Boire beaucoup de café ou de boissons sucrées " pour tenir le coup ". Et puis, inexorablement, manger de manière déraisonnable, tant du point de vue de la quantité que de la qualité. Pas le temps ni l'envie de cuisiner : ce rythme de vie hebdomadaire permit l'apologie de la junk food et des plat préparés. Cette nourriture trop grasse, trop salée et trop sucrée compose un cocktail explosif : mauvaise alimentation, mauvais sommeil, accumulation de stress et de fatigue, compensation émotionnelle via la nourriture. C'est un ourobouros.  

Noyer l'angoisse dans la nourriture

Mon travail génère beaucoup de fatigue et de stress. La bibliothèque dont je m'occupe (seul la plupart du temps) accueille en moyenne 250 visites par jour. Je me bats pour la reconnaissance de mon travail et du projet que je porte (sauvegarde et développement du centre de documentation) depuis trois ans. J'exerce un mandat syndical. Je gère des problèmes comportementaux et relationnels en tant qu'éducateur tous les jours, et plus particulièrement tous les mercredis après-midi, quand je m'occupe d'une soixantaine d'élèves envoyés chez moi en retenue. Pour chacun d'entre eux, j'accorde de l'attention et un espace de dialogue, ainsi qu'un travail personnalisé et centré sur les problèmes qu'ils affrontent. Je ne compte pas les heures supplémentaires qui ne seront jamais récupérées ou payées. J'organise des activités nécessitant de coordonner une équipe et des moyens importants. Et j'en ressors lessivé. Je suis heureux de faire ce que je fais, là n'est pas la question.

Mais rechercher un équilibre personnel au travers d'une alimentation variée et équilibrée m'a été impossible avec un tel emploi du temps. Les cours du soir s'ajoutant à tout ceci ont achevé le travail : j'ai trouvé dans la nourriture un exutoire me libérant de mon angoisse. Du moins, en apparence. Cette illusion est tenace et insidieuse, car au final, on se mésestime et le corps encaisse.

Le lapin d'Alice et les cordons de la bourse

Ne pas prendre le temps, ne pas avoir le temps. L'état de fatigue conditionne ces considérations. Je ne prenais pas le temps car j'étais trop fatigué. Du coup, je n'avais pas le temps d'organiser correctement mes repas, de cuisiner, d'apprécier la nourriture. Or, l'alimentation conditionne la qualité du sommeil. Or, le sommeil... bref. Vous avez compris. Le lapin pressé que j'étais a énormément dépensé d'argent dans la junk food, les restaurants et les plats préparés. En une année, cela se compte en centaines d'euros.

Un bilan catastrophique ?

Ce serait très réducteur de considérer ces mois d'expérience comme catastrophiques. Au-delà d'une apparente régression, j'ai pu achever mes études avec succès. Cette réalisation très importante est une source de confiance en moi. Je suis donc tenté de ranger cette année au rayon des sacrifices utiles. Certes, ma santé en a pâti. Mais à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je ne me sens pas découragé et je suis prêt à reprendre le travail.









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire